Commentaires
laissés sur "Lettre ouverte à mon grand-père" (2007) par ma cousine
Adeline :
"ce texte ne ma
absolument pas touché quand on sais réellement la personne que tu
es.Je te connais et sincèrement ton poème ma plus fait rire
qu'autre chose.Ts t mots sonnent FAUX"
"arrète,à force de
tant pleuré tu vas nous créer un nouveau fleuve!Tu oses écrire des
mots sur un homme que tu as bléssé.A ta place j'aurais franchmt
hontes.Regardes toi dans un miroir,pck ma pauvre babeth tu me fais
pitié.Ne parles plus jamais de mon grand-père,car tu nel'as jamais
connu"
Adeline,
Habituellement, quand je
rends public ce genre de commentaires, c’est pour me payer la
tête de son auteur (l’orthographe « personnalisée »
a toujours été chez moi l’objet de railleries). Mais nous
n’en somme plus là… Là n’est pas la
question.
Quand mon père m’a dit que ta maman était passée sur son blog
en déversant au
passage un peu de son venin, je me suis jetée sur le mien pour voir
ce qu’il en était. Et voici donc.
Je suis passée par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à la
lecture de tes commentaires. Premièrement j’ai été
stupéfaite. Je me demande ce qui motive les gens à venir faire
étalage de leur méchanceté sur le net, surtout quand elle est
gratuite.
Deuxièmement, j’ai été
en colère. D’une part tes propos sont insultants vis-à-vis de
moi. D’autre part, j’imagine que ce n’est pas
voulu, tu insultes indirectement la mémoire de notre grand-père (et
pas « ton » grand-père, comme tu dis). Pour te donner une
image, ce texte, c’est l’équivalent d’un bouquet
de fleur qu’on pose sur une tombe. En venant saccager cet
hommage, c’est comme si tu saccageais sa tombe. C’est
dur, mais c’est comme ça.
De plus, je trouve ce genre de remarque très déplacé et surtout
très osé de la part d’une famille qui, une fois Papy décédé,
s’est jeté sur Mamie comme une horde de vautour pour avoir sa
part du gâteau. Moi j’dis ça, j’dis rien.
Pour finir, je suis bouffée
par la tristesse. Et même si tout le monde me dit « prête pas
attention », je
suis triste. Je suis triste d’apprendre de manière inopinée
que j’ai blessé mon grand-père. Je n’étais pas au
courant. J’attends de toi que tu développes.
J’attends. Je veux des
précisions.
Car de toute évidence, une
rumeur doit courir à mon propos pour que tu débarques comme ça en
me lançant à la tronche que ces mots sont du vent (c’est vrai
que j’ai rien d’autre à faire que d’écrire des
bêtises, c’est pas comme certains), que je suis fausse, que
tu me connais, que tu sais la personne que je suis. Comment donc me
connais-tu, alors qu’avant qu’on soit amenées à se
recroiser pour les funérailles de NOTRE grand-père (désolée si
j’insiste), ça devait faire 10 ans qu’on ne
s’était pas vues ? Puis je sais pas, quand on viens
porter des accusations sur quelqu’un avec l’intention
d’être un minimum crédible, on vient avec des arguments, des
exemples, des trucs comme ça, quoi. C’est facile
d’arriver avec son agressivité sous le bras et de se donner
des airs mystérieux avec des « je sais qui tu es » dignes
des plus mauvais thrillers.
Admettons que tu aies
raison : je n’ai jamais connu mon grand-père et vous
avez sois-disant toujours été là pour lui, je m’étonnes dans
ce cas qu’années après années, lorsque nous venions fêter
Noël, vous n’étiez jamais là. Jamais là non plus lorsque que
NOUS nous tapions les
1000 bornes allez-retour pour venir voir Papy toutes les fois
qu’il était au plus mal… Opération du cœur,
hospitalisations… On était toujours là. Toujours.
Etrangement, on ne vous a jamais
vu. J’ajoute
que ma mère appelle Mamie toutes les semaines et cela depuis de
nombreuses années. Est-ce le cas de la tienne ? Je crois que
s’il avait lu tes mots, Adeline, il se serait retourné dans
sa tombe. Non, nous avons honte de rien, ni mon père, ni ma mère,
ni mes frères, ni moi. Nous n’avons rien à nous
reprocher, strictement rien . Je n’ai jamais fait
d’histoire dans cette famille (dieu sait que j’ai
largement de quoi, pourtant). Il me semble que, et justifie-toi si
tu penses que je me trompe, j’ai toujours fermé ma gueule.
Vu, entendu, subi aussi. Mais j’ai toujours fermé ma
gueule.
La seule chose susceptible
de blesser Papy que j’aurai pu faire, est de ne jamais vous
avoir porté dans mon cœur, ni toi, ni tes parents, ni tes
sœurs (d’ailleurs, ne m’appelle pas
« Babeth »). Désolée, mais je me sens trop éloignée de ce
qui apparaît à mes yeux comme la conception que vous avez
d’une famille : querelles, calomnie, cupidité,
hypocrisie, mensonges. Je ne vous connais pas, vous nie et vous
renie. Je ne m’en cache aucunement, je n’ai pas honte
de cela, pensez-en ce que vous voulez.
Alors la seule chose que je veux, avant de clore cette lettre que
j’aurais préféré t’envoyer en privé si tu avais eu le
cran de laisser ton mail, c’est de nous laisser en paix, ma
famille et moi. Point final.
Elisabeth
PS : Message également adressé à ma tante
Denise.